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Frère et sœur

Célia monte son regard
vers le ciel qui se ferme
et se consume aux extrémités
Célia parle dans sa langue
mais je ne l'entends pas

Sann est aussi sombre
que la nuit progressive
Plus loin un promeneur lèche
la fatigue lippue de l'océan
et fige ses pas sur le crâne de l'enfant

Célia porte son chapeau de laine
mauve comme le buvard
qui par endroits
étanche le ciel
de ses gerçures lie-de-vin

Sann ne triche pas
ni avec le sable
ni avec toi qui le regardes
Sann te toise et te défie
mais le sable ne varie pas

L'image écrase la perspective
illusion des tailles ou de l'âge
Le ciel furtif s'enroule
quand j'apprends à aimer
malgré les vagues insonores

Célia joint les mains
on dirait qu'elle va danser
une danse jamais apprise
ou bien élever une prière
venue d'avant la mémoire

Sann est une statue primitive
un acte direct et essentiel
Il est le sage le fou le laboureur
celui qui sait depuis toujours
où va le temps quand on l'arrête.

(extrait de Les jours)