Photographies » Paysages et d'autres
Gros grain
Je vois un grain énorme
Sur la mer de Marmara
Peut-être le titre d'un poème
Aussi vite échappé dans le sable sale
Sable sale comme titre pourquoi pas
Ma mémoire s'en va sur la vague
J'ai perdu la clef qui ouvre
Aux limites du temps extensible
Cet indicatif présent moteur rétractile
De ma vie que je ne cesse d'explorer
Si je t'en parle aujourd'hui
Avec ma langue qui se pulvérise
C'est que j'ai retrouvé la photographie
Prise à bord du ferry un cliché
Au grain énorme où l'on devine
Un bateau qui se glisse dans le brouillard
Excepté qu'il n'y avait pas de brouillard
La journée dansait dans l'air limpide
Le soleil appuyait sur la mer
Aux rides prononcées des cernes
Trahis par les grains sur la paraffine
Et la pellicule poussée à l'extrême
De cela je me souviens il n'y avait pas
De grain énorme sur la mer de Marmara
Sinon dans mon intention comme les oiseaux
Par delà l'horizon maculé je sais
Je me complais dans l'imparfait
L'intuition d'un titre de poème
Sable sale peut-être mais
Puisque j'avais déjà perdu
Puisque le présent se refermait
J'ai sauvé ma journée avec un leurre
Mon orgueil conjugué à l'imparfait
Je dresse l'échafaudage de ma mémoire
Une autre mémoire en trompe-l'œil
Je dérobe l'instant je trahis l'image
Cette réalité sale ces grains de sable.
(extrait de Les jours)
Je vois un grain énorme
Sur la mer de Marmara
Peut-être le titre d'un poème
Aussi vite échappé dans le sable sale
Sable sale comme titre pourquoi pas
Ma mémoire s'en va sur la vague
J'ai perdu la clef qui ouvre
Aux limites du temps extensible
Cet indicatif présent moteur rétractile
De ma vie que je ne cesse d'explorer
Si je t'en parle aujourd'hui
Avec ma langue qui se pulvérise
C'est que j'ai retrouvé la photographie
Prise à bord du ferry un cliché
Au grain énorme où l'on devine
Un bateau qui se glisse dans le brouillard
Excepté qu'il n'y avait pas de brouillard
La journée dansait dans l'air limpide
Le soleil appuyait sur la mer
Aux rides prononcées des cernes
Trahis par les grains sur la paraffine
Et la pellicule poussée à l'extrême
De cela je me souviens il n'y avait pas
De grain énorme sur la mer de Marmara
Sinon dans mon intention comme les oiseaux
Par delà l'horizon maculé je sais
Je me complais dans l'imparfait
L'intuition d'un titre de poème
Sable sale peut-être mais
Puisque j'avais déjà perdu
Puisque le présent se refermait
J'ai sauvé ma journée avec un leurre
Mon orgueil conjugué à l'imparfait
Je dresse l'échafaudage de ma mémoire
Une autre mémoire en trompe-l'œil
Je dérobe l'instant je trahis l'image
Cette réalité sale ces grains de sable.
(extrait de Les jours)